
C'est assez étrange de voir si grosse métamorphose. Surtout lorsque celle-ci est dans le mauvais sens. Vous savez, ce n'est pas comme une chenille. Non. La chenille, elle, évolue et se transforme en un magnifique petit papillon. Qui ne fera pas long feu, certes, mais qui sera quand même flamboyant. Disons, que dans mon cas précis, l'inverse se produit. Comme si l'ancien papillon se transformait en une vulgaire grosse larve de chenille verdâtre avec des épines énormes et velues. (Qui plus est, cette chenille aurait de gros traits ineffaçables par la tronche, et aurait beau pleurer toutes les foutues larmes de son corps, tout resterait à jamais gravé. Comme dans de la roche, de la pierre dure ou tout reste à jamais. Comme dans une mémoire.). Et admettons que cette chenille ait pris la décision de changer. Admettons-le, car elle en a pris la nette décision. Ça parait fou, mais c'est bien le cas. Et bien, personne ne voudrait et pourrait l'aider. C'est vrai qui voudrait approcher une horreur pareille ? Alors, mis à part les cirques ou les spectateurs désireux de voir la triste vie d'une chenille laide et piquante, tout le monde s'en fiche. Et tout le monde l'oublie. Arrivera t-elle à accomplir sa mission ? Arrivera t-elle à redevenir papillon ? Elle se fiche d'y laisser la vie, elle veut juste ressentir cette sensation. Ressentir cette légèreté à nouveau et pouvoir voler de sa faible masse. Elle le veut, je le veux.